Les liens entre activité économique et immigration
Faits de société>Dans les années 1920, ce sont les besoins de l'économie qui déclenchent l'immigration. Apr??s la guerre, la France a perdu, en pourcentage de sa population active : 9,9 % dans l'agriculture, 8,7 % dans l'industrie, 8,1 % dans les transports et 9,4 % dans le commerce. Or, la reconstruction et les nouvelles industries, automobile et aéronautique, offrent de nombreux emplois. Pour répondre à ces besoins, des centres de recrutement contr??lés en partie par le patronat sont créés, par exemple la Société générale d'immigration (SGI) qui recrute en masse dans certains pays sans aucun souci d'intégration, de santé publique ou de démographie.
Ainsi, en 1921, la France compte un tiers d'étrangers de plus qu'en 1911 ; en 1931, ils représentent 6,58 % de la population. C'est le plus haut niveau atteint. Ils se répartissent, par branches professionnelles, de la mani??re suivante : 37,7 % dans les mines et carri??res, 70 % dans les houill??res, 24 % dans la construction et le bâtiment, 14,6 % dans les industries chimiques, 13 % dans la métallurgie, et seulement 3,2 % dans l'agriculture. Mais les effets de la crise économique modifient la donne : la loi de 1932 légalise la discrimination dans les activités économiques, mettant en place un contingentement par profession ; en 1934, une autre loi restreint le renouvellement des cartes d'identité, indispensables pour travailler. Les rapatriements sont organisés de façon plus stricte et ceux qui ont opté pour la clandestinité encourent de un à cinq ans de prison. Ainsi, d??s 1935, on compte plus de départs que d'arrivées parmi les Italiens et les Polonais surtout. C'est une période de repli et de xénophobie en France, et en 1936, on trouve 20 % d'étrangers de moins qu'en 1931. Le Front populaire a quelque peu atténué ces mesures, mais, d??s 1938, l'expulsion redevient la seule r??gle en mati??re de politique migratoire : d??s lors, on peut être expulsé avec des papiers en r??gle et sans avoir commis de délit. Pour en savoir plus ASSOULINE Davis, LALLAOUI Mehdi, Un si??cle d'immigration en France, 3 tomes, Syros, coll. « Au nom de la mémoire », 1996-1997. NOIRIEL Gérard, Population, Immigration et Identité nationale en France, XIXe-XXe si??cles, Hachette ??ducation, coll. « Carré. Histoire », 1992. NOIRIEL Gérard, Le Creuset français. Histoire de l'immigration XIXe-XXe si??cles, Seuil, coll. « Points Histoire », 1992. AMAR Marianne, MILZA Pierre, L'Immigration en France au XXe si??cle, Armand Colin, 1990 (à consulter en biblioth??que). WEIL Patrick, La France et ses étrangers. L'aventure d'une politique de l'immigration, Calmann-Lévy, 1998 (à consulter en biblioth??que). TEMIME ??mile, France, terre d'immigration, Gallimard, coll. « Découvertes », 1999.
Une collection intéressante, « Français d'ailleurs, peuples d'ici », aux éditions Autrement. Voir en particulier : MILZA Pierre, BLANC-CHAL??ARD Marie-Claude, Le Nogent des Italiens, 1995. HOVANESSIAN Martine, Les Arméniens et leurs territoires, 2001. MENEGALDO Hél??ne, Les Russes à Paris, 1919-1939, 1998. PONTY Janine, Les Polonais du Nord ou la mémoire des corons, 1995.
« La France et ses immigrés, 1789-1995 », L'Histoire, n° 193, novembre 1995. « 50 ans d'immigration », L'Histoire, n° 229, février 1999. « 150 ans d'immigration », TDC, n° 524, CNDP, septembre 1989 (à consulter en CDI).
Les Actes de l'histoire de l'immigration en France proposent un atlas de l'immigration en France entre les deux guerres : un syst??me de cartographie automatique sur Internet pour décrire la distribution territoriale des étrangers dans les départements français en 1931 et 1936. http://barthes.ens.fr/
Denise Le Guelte et Pierre Ramognino, professeurs d'histoire et de géographie
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