L'Immigration en espagne
Faits de société>l'Immigration en Espagne : ??volution et Perspectives On peut affirmer que l'Espagne est devenue un pays récepteur d'immigrés, même si leur nombre est inférieur à celui d'autres pays de notre entourage, au sein de l'Union Européenne. Pourtant, la moindre ampleur quantitative du phénom??ne migratoire ne doit pas faire de l'ombre à cette réalité dont l'importance est aujourd'hui évidente, mais qui le sera plus encore à l'avenir si l'on en croit les différentes facettes sous lesquelles il convient de l'analyser.
On ne saurait non plus ignorer l'internationalisation croissante du phénom??ne migratoire : nous devons avoir à l'esprit que la réalité s'accompagne d'évidentes implications internationales, dans la mesure où le phénom??ne ne peut pas être abordé uniquement de façon individuelle par le pays d'origine, ni par le pays de destination des immigrés. Dans ce sens, dans le cadre de forums comme celui de l'Union Européenne, l'immigration revêt une importance croissante depuis que les Etats membres ont pris conscience de la nécessité de trouver des solutions conjointes aux enjeux de l'immigration.
L'analyse des données statistiques existantes montre que le nombre des étrangers en Espagne s'est accru au cours des vingt derni??res années, et il est possible de définir cette croissance comme modérée.
Depuis 1981, où le nombre des étrangers résidents en Espagne était de 198 042, nous sommes passés en 1999 à 801 329. Si l'on observe les chiffres de chacune des années constituant cette période, nous pouvons conclure que la croissance a été constante, avec des oscillations minimes, exception faite de celles découlant de la procédure de régularisation de 1991 qui entraîna un fort accroissement du nombre total de résidents étrangers dans notre pays.
De mani??re plus précise, et si l'on prend pour référence les deux derni??res années, nous pouvons observer que l'augmentation du nombre de résidents étrangers a été de 81 682, ce qui représente 11,35 pour cent du total de 1998.
Le nombre de résidents étrangers originaires de pays tiers s'est accru au cours de l'an 2000 à la suite de la procédure de régularisation. Le nombre total de demandes présentées lors de cette procédure s'élevait à 246 089, et 137 454 ont été résolues favorablement.
Parmi tous les résidents étrangers, au cours de la derni??re année, 382 955 se trouvaient rattachés au régime dit "général", qui s'applique aux personnes originaires de pays tiers. Cette collectivité s'accroît ces derni??res années, pour atteindre en 1999 un accroissement de 13,06 pour cent.
Le total de résidents étrangers en régime communautaire (citoyens de pays de l'Espace Economique Européen, leurs parents et les parents d'espagnols), qui s'él??ve à 418 374, s'est accru l'année derni??re de 9,83 pour cent par rapport à l'année précédente. Néanmoins, cette évolution confirme la tendance vers une augmentation du régime général supérieure à celle du régime communautaire au cours des années à venir.
Quant au nombre d'étrangers en situation irréguli??re, l'analyse des chiffres d'expulsions et de rapatriements montre qu'en 1999, il a été prononcé 20 103 résolutions d'expulsion d'étrangers et 16 928 ont été rapatriés.
Les principales régions d'où proviennent ces étrangers en situation irréguli??re sont en premier lieu l'Afrique du Nord (Maroc et Algérie), les pays hispano-américains (Colombie, Equateur et République Dominicaine), les pays de l'Europe de l'Est (Roumanie, Ukraine et Pologne), et finalement les pays asiatiques (Chine), ce qui coïncide avec les régions de provenance des principaux groupes de citoyens de pays tiers résidant sur le territoire espagnol.
A) Par continents
Si l'on s'attache au lieu de provenance des immigrés, on observe que pratiquement 45,61 pour cent du total des résidents proviennent du continent européen (361 873). On constate également un plus fort accroissement des personnes provenant de pays européens n'appartenant pas à l'Union Européenne, et principalement d'Europe de l'Est (Roumanie, Bulgarie et Russie).
Cependant, le poids des citoyens de pays de l'Union Européenne est toujours tr??s important dans le total des résidents étrangers, puisque leur nombre s'él??ve à 312 202, soit 86,27 pour cent du total des européens.
En deuxi??me position, se trouvent des personnes provenant du continent africain (211 564) ; ce chiffre a connu des modifications si l'on observe son évolution au cours des derni??res années, puisque tandis qu'en 1998, sa croissance était de 25,68 pour cent, en 1999, elle était de 17,87 pour cent. Dans l'ensemble des pays du continent africain, la plus grande partie des immigrés proviennent d'Afrique du Nord (Maroc et Algérie) et d'autres pays d'Afrique Noire, comme le Sénégal, la Gambie et le Nigeria.
En troisi??me lieu, le plus grand nombre de résidents étrangers provient du continent américain, et ce nombre s'est accru au cours des derni??res années. A l'heure actuelle, il s'él??ve à un total de 159 840 personnes, soit une augmentation de 8,59 pour cent par rapport à l'année précédente. Parmi les résidents en provenance du continent américain, ceux des pays ibéro-américains représentent l'immense majorité (89,11 pour cent), et dans l'ensemble de ces pays, on peut souligner l'évolution croissante des citoyens de la République Dominicaine, d'??quateur, de Cuba, du Pérou et de la Colombie.
Un détail important qu'il convient de préciser est que parmi le total des résidents américains en Espagne, 36,50 pour cent sont rattachés au régime communautaire, c'est-à-dire qu'ils sont parents de citoyens de l'Espace Economique Européen ou d'espagnols.
Finalement, nous trouvons les citoyens de pays appartenant au continent asiatique (66 157). Au sein de cette collectivité, les personnes en provenance de la République Populaire de Chine et des Philippines constituent la plus grande partie.
B) Par pays
La population étrang??re résidant en Espagne se concentre autour de quelques nationalités tr??s déterminées.
Ces pays sont, par ordre d'importance, les suivants : Maroc (161 870 résidents), Grande Bretagne (76 402 résidents), Allemagne (60 828 résidents), Portugal (44 038 résidents), France (43 265 résidents), Italie (29 871 résidents), Pérou (27 263 résidents), République Dominicaine (26 854 résidents), Chine (24 693 résidents), Pays-Bas (17 243 résidents), Cuba (16 556 résidents), Etats-Unis (15 649 résidents), et Philippines (13 765 résidents).
Les citoyens marocains ont connu une croissance que nous pourrions qualifier de stable, compte tenu de la considérable augmentation qui s'est produite lors de la procédure de régularisation de 1991. Cependant, les citoyens marocains représentent toujours la collectivité la plus nombreuse d'étrangers en Espagne, et 76,51 pour cent du total des personnes en provenance du continent africain.
Apr??s le Maroc, les citoyens de certains pays de l'Union Européenne sont ceux qui sont les plus représentés : dans cette collectivité, les citoyens de Grande Bretagne, Allemagne, Portugal, France et Italie sont les plus nombreux.
Parmi les variations vécues au cours des cinq derni??res années par la collectivité étrang??re, il convient de souligner l'augmentation significative du nombre de citoyens de certains pays ibéro-américains. On mentionnera ainsi le cas de l'Equateur, la Colombie, la République Dominicaine et le Pérou, contrastant avec d'autres pays de la même zone comme l'Argentine.
La typologie des résidents étrangers en provenance de ces pays a connu des modifications à la suite de la procédure de régularisation de l'an 2000, les citoyens équatoriens et colombiens étant depuis lors les plus représentés.
Les citoyens chinois, quant à eux, représentent à l'heure actuelle 37,12 pour cent de l'immigration asiatique en Espagne ; leur nombre s'est accru à la suite de la procédure de régularisation de l'an 2000.
Pour conclure, nous pouvons affirmer que mis à part les citoyens des pays de l'Union Européenne, les pays sources de flux migratoires vers l'Espagne sont le Nord de l'Afrique, les pays ibéro-américains et certains pays asiatiques (la Chine et dans une moindre mesure, les Philippines).
C) Distribution territoriale des immigrés
L'observation de la présence des immigrés sur le territoire espagnol met en évidence leur concentration dans six régions ou zones, peu variables au cours des derni??res années. Plus encore, l'évolution récente permet une nette confirmation du phénom??ne.
Les zones dans lesquelles se concentre le plus grand nombre de résidents étrangers sont Madrid, Barcelone, le littoral méditerranéen et les deux archipels.
Madrid accueille 19,83 pour cent du total des étrangers (158 885), tandis que 16,12 pour cent d'entre eux résident à Barcelone (129 199). Ces deux villes rassemblent 35,95 pour cent du total des résidents étrangers.
L'analyse de la population étrang??re résidant à Madrid et Barcelone permet de souligner que le poids de la population d'origine européenne est inférieur à celle d'autres zones du territoire espagnol : il y existe en effet une plus grande proportion de citoyens en provenance de pays tiers, et principalement de marocains et ibéro-américains. Une plus grande concentration du capital et de l'activité économique explique sans aucun doute que la collectivité étrang??re dans les deux villes soit la plus importante.
En Andalousie, le nombre de résidents étrangers est de 109 129, soit 13,62 pour cent du total. Ce pourcentage n'a connu aucune variation importante au cours des derni??res années. L'observation de la distribution au sein du territoire andalou met en évidence de grands contrastes entre l'intérieur et la zone littorale.
Sur le littoral andalou, Malaga est la province qui regroupe le plus grand nombre de résidents étrangers, à savoir 48,66 pour cent du total des étrangers. Dans cette province, on remarque la présence d'une forte collectivité de citoyens britanniques.
La deuxi??me province andalouse contenant le plus grand nombre de résidents étrangers, à savoir Almeria, diff??re de Malaga par la prédominance de la collectivité des citoyens marocains sur les autres nationalités. L'importance de l'activité agricole dans cette province constitue un attrait pour les travailleurs immigrés.
Dans la zone du Levant, exception faite de Barcelone, les plus fortes présences d'étrangers sont enregistrées à Alicante, Girona, Valence, Tarragone et Murcie.
Nous pourrions affirmer que cette zone est celle qui présente, apr??s Madrid et Barcelone, le plus fort taux d'étrangers dans la population totale. Alicante est un p??le d'importance remarquable, puisqu'il accueille 51 895 résidents étrangers.
Les étrangers qui résident dans la zone méditerranéenne du Levant sont principalement originaires d'Etats membres de l'Union Européenne, et dans une moindre mesure du Maroc. L'activité du secteur des services et agricole dans cette zone sert de justification à la présence de ces étrangers.
Les archipels des Canaries et des Baléares accueillent 13,39 pour cent du total des résidents étrangers, mais à raison d'une plus forte présence aux Canaries (68 347 résidents) qu'aux Baléares (38 959 résidents).
Ces deux zones concentrent la plus haute densité d'étrangers pour mille habitants : 41,93 pour mille habitants aux Canaries et 48,91 pour mille habitants aux Baléares, alors que la moyenne nationale est de 20,11 pour mille habitants.
Aux Canaries et aux Baléares, les personnes en provenance de pays de l'Union Européenne prédominent, et ceci dans une plus large mesure aux Baléares.
Aux Canaries, il convient signaler d'autres collectivités traditionnellement liées à cette Communauté Autonome, comme c'est le cas des personnes originaires d'Inde et du Venezuela.
D) Travailleurs immigrés
D'apr??s des données provisoires, à la fin 1999, le nombre d'étrangers jouissant d'un permis de travail en Espagne s'élevait à 172 838.
Parmi ceux-ci, 89,65 pour cent travaillent pour le compte d'autrui et 10,35 pour cent le font à leur compte.
Quant au lieu de provenance, le plus grand nombre de travailleurs proviennent du continent africain, puis des continents américain, asiatique et européen. Les pays dont proviennent les collectivités les plus importantes sont le Maroc, le Pérou, la République Dominicaine, les Philippines, la République Populaire de Chine et l'??quateur, qui dans l'ensemble rassemblent 68,05 pour cent des travailleurs étrangers.
Quant au secteur où ils développent leur activité, c'est celui des services qui enregistre le plus grand nombre, suivi de l'agriculture, du bâtiment et de l'industrie.
E) Asile
En 1999, le nombre de demandeurs d'asile était de 8 405, soit une augmentation de 24,3 pour cent par rapport à l'année précédente. Pour la troisi??me année consécutive, il s'est produit une augmentation nette des demandeurs d'asile.
Parmi le nombre total de demandes, 43,09 pour cent ont été admises et 53,12 pour cent refusées. Le nombre total de statuts de réfugiés octroyés s'élevait à 294, tandis que 679 séjours ont été accordés pour des raisons humanitaires.
Le taux de reconnaissance de statuts de réfugiés était de 4,5 pour cent, ce qui démontre qu'un nombre élevé de demandeurs ne réunissent pas les conditions requises par la Convention de Gen??ve.
Les pays d'où proviennent le plus grand nombre de demandeurs d'asile sont les suivants : Algérie, Roumaine, Arménie, Sierra Leone, Colombie, Ukraine, Russie, Cuba et Georgie.
Conclusions
Les principales caractéristiques qui se dégagent de l'analyse des données sur les étrangers en Espagne permettent de dégager les conclusions suivantes :
1. Il est indéniable qu'en Espagne, ce phénom??ne n'a aujourd'hui pas les mêmes caractéristiques que dans des pays comme l'Allemagne, la France ou le Royaume-Uni, qui sont confrontés à l'immigration depuis plus longtemps. Ceci nous place dans une situation privilégiée, puisque nous pouvons tirer profit d'autres expériences et aborder la conception d'une politique d'??tat à partir des instruments nécessaires de planification, de programmation et de coordination de tous les pouvoirs publics, en vue de participer et de favoriser le traitement du phénom??ne de l'immigration au sein de l'Union Européenne.
2. Il est prévisible que le flux migratoire actuel se poursuive, tout particuli??rement dans le bassin méditerranéen, et que le besoin de travailleurs dans certains secteurs d'activité augmente dans les années à venir.
3. L'augmentation de la pression migratoire supposera également un accroissement des flux irréguliers qui utilisent les réseaux de trafic de personnes, pour lesquels le territoire espagnol n'est pas seulement une destination mais aussi un lieu de transit.
4. Les données les plus récentes nous permettent de faire des prévisions pour les années à venir : une plus grande part, dans le total de la population immigrée, des personnes en provenance de pays tiers (Afrique du Nord, certains pays ibéro-américains, pays d'Afrique Noire, et Chine) au détriment de la prédominance actuelle des citoyens de pays de l'Union Européenne.
5. La haute concentration d'étrangers dans les Communautés Autonomes d'Andalousie, des Baléares, des Canaries, de Catalogne, de Madrid, de Murcie et de Valence existera toujours dans les années à venir, même si l'accroissement de la présence des étrangers deviendra aussi une réalité sur l'ensemble du territoire espagnol.
http://extranjeros.mtas.es/fr/general/inmigracion.html
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1. Le mercredi 31 mai 2006 à 14:48, par internet casino
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