Définition du communautarisme
Faits de société>Définition Le communautarisme est un mouvement de pensée qui fait de la communauté (ethnique, religieuse, culturelle, sociale, politique, mystique, sportive') une valeur aussi importante, sinon plus que les valeurs universelles de liberté, d'égalité, souvent en réaction au libéralisme et à l'individualisme.
Pour ses défenseurs, aucune perspective n'existe en dehors de la communauté et il est impossible de se détacher de son histoire et de sa culture. La communauté précède alors l'individu et rend la recherche de l'idéal partagé plus importante que la défense de la liberté individuelle. Pour eux, l'Etat - ou l'autorité, pour les communautés plus petites -, ne peut être neutre ou laïc en matière de choix culturels, religieux ou de morale. Les valeurs qui servent de référence sont essentiellement traditionnelles, construites sur un passé mythique ou idéalisé.
Dans les formes les plus aigues du communautarisme, le monde est manichéen. Il y a les bons (ceux qui font partie de la communauté) et les méchants (les autres).
La coopération entre groupes
Il y a quelques centaines de milliers d'années, c'est-à -dire presque rien à l'échelle d'une espèce animale, l'homme vivait, comme les grands singes en petits groupes. Il lui en est sans doute resté une prédisposition à se replier au sein de communautés (famille, groupe, tribu, cité, nation, religion). C'est une tendance forte qui tend au morcellement, au cloisonnement, à la confrontation.
La coopération entre groupes ou communautés, pour construire quelque chose de plus large, pour bâtir un projet commun, nécessite des conditions difficiles à réunir:
* Une confiance réciproque. * Aucune des deux communautés ne doit se sentir dominée par l'autre. * Savoir se projeter dans l'avenir pour imaginer les fruits positifs de la coopération.
Les échanges économiques et culturels peuvent favoriser ce genre de coopération. C'est souvent un début. Cependant on doit constater, en regardant l'histoire que les grands ensembles construits à l'échelle du monde ou d'un continent (les empires ou les grandes religions) ne l'ont été que par la contrainte. Les grandes "unions" imposées (ex: URSS, Yougoslavie) volent en éclat dès que la contrainte disparaît.
La construction lente et laborieuse de l'Union Européenne est sans doute l'unique exemple de réalisation concertée et voulue d'une grande communauté, à l'échelle d'un continent. L'humanité, ou tout au moins une partie d'entre elle, aurait-elle franchi le cap de sa turbulente adolescence' Il aura fallu deux guerres mondiales à une génération d'intervalle.
La cohésion de la communauté Ce qui est important dans un groupe, c'est sa cohésion. L'unité fait sa force. Une défection peut mettre en péril l'ensemble du groupe. Plus le groupe est petit plus le risque est élevé.
Un carton rouge, un joueur de football expulsé, peut faire basculer un match. Un soldat qui déserte peut en entraîner d'autres et faire perdre une bataille. Les groupes ou communautés constitués et hiérarchisés se prémunissent contre les désertions par l'extrême sévérité des peines encourues.
Les lynchages, les exécutions, les excommunications' sont en général publiques dans le but d'impressionner les autres membres de la communauté et faire taire toute velléité de départ.
Pascal Boyer a parfaitement analysé ce phénomène dans son livre "Et l'homme créa les dieux". (Voir citations ci-contre) "Du point de vue d'une coalition religieuse, le fait que le monde moderne permette des choix de vie nombreux, sans en faire payer le prix signifie que la défection ne coûte rien et qu'elle est donc très probable."
"La violence fondamentaliste est, elle aussi, une tentative de faire monter les enjeux, c'est-à -dire de décourager les désertions potentielles en démontrant que la défection leur coûtera très cher, que ceux qui adoptent des normes différentes seront persécutés ou même tués."
"Pour résumer, donc, le fondamentalisme n'est ni un excès de religion, ni de politique sous une autre forme. C'est une volonté de préserver un type particulier de hiérarchie, ... menacée par le fait que la défection est très facile, donc très probable. ... Le fait que le prix de la défection soit devenu si élevé, à cause de la violence indique clairement que le sentiment populaire ne penche pas de leur côté. Ce qui malheureusement, n'est pas un obstacle à la domination politique pour peu que ces coalitions aient suffisamment de cohésion." (Pascal Boyer / Et l'homme créa les dieux)
Le terrorisme est donc autant une agression contre le reste du monde qu'un message d'intimidation adressé aux membres de la communauté.
L'islam communautariste
Actualité oblige, le premier exemple de communautarisme exacerbé qui vient à l'esprit est celui du repli identitaire d'une partie, minoritaire mais très agissante, des musulmans. Ce communautarisme, véritable frein à l'intégration (dans la communauté internationale ou au sein du pays d'accueil pour les émigrés) rejette l'influence occidentale (culturelle et religieuse) héritée du colonialisme. Il se caractérise par l'amalgame arabe - islam, qu'il tente d'imposer : un peuple = une religion. La religion, comme c'est souvent le cas dans les communautarismes devient le support culturel, idéologique et dogmatique des valeurs qui le constituent. Cependant, la dérive fondamentaliste à laquelle on assiste, a une origine plus politique, me semble-t-il, que spirituelle.
Pourquoi les populations des pays arabes, économiquement défavorisées même lorsqu'elles ont émigré, éprouvent-elles un malaise vis à vis de l'Occident qu'elles rejettent parfois violemment' La réponse n'est-elle pas à rechercher d'une part dans le problème non résolu des palestiniens avec Israël (autre forme de communautarisme) et dans l'attitude hautaine, arrogante, xénophobe pour ne pas dire raciste, des anciennes grandes puissances colonisatrices et surtout des Etats-Unis' N'est-ce pas là le c'ur du problème ' Tant que l'Occident ne changera pas son propre comportement, il est certain que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Si l'Occident continue de se protéger en verrouillant la cocotte-minute, sans éteindre le feu qu'elle entretient par en dessous, cela finira par exploser.
Trouver l'équilibre
Comme partout dans le monde et depuis l'origine des temps, la religion est un prétexte, un moyen de pression qui culpabilise l'individu, pour préserver la cohésion culturelle et communautaire, et assurer sa sauvegarde. Comme le communautarisme qu'elle entretient souvent, la religion rassure ses membres, tout en les étouffant.
A l'opposé du communautarisme, l'universalité, c'est-à -dire ce qui est universel, représente des valeurs qui, même si elles paraissent évidentes, ne peuvent être que postulées comme, par exemple, la liberté, l'égalité, la solidarité, la paix, le bien, la morale, la raison, le bon sens... Elles mettent l'accent sur ce qu'il y a de commun à tous les hommes et sur l'unité du genre humain, tout en respectant ses diversités. Les valeurs universelles proposent donc à l'homme un idéal, que l'on pourrait qualifier d'absolu. Mais cet idéal est souvent tellement éloigné de ce que vivent au quotidien les individus qu'il apparaît souvent trop utopique, abstrait ' et surtout dangereux pour les pouvoirs non démocratiques en place.
L'individu, dans sa solitude et sa petitesse, ne peut pas ne pas faire partie d'un groupe, d'une tribu, d'une communauté' En fait, il appartient toujours à diverses communautés, en général sans rapport les unes avec les autres. Ainsi, monsieur Dupont peut être à la fois membre de la branche béarnaise de la famille Dupont-Durant, supporter du club de football de Nens-Saint Germain, militant au syndicat Nord-Ouest de son entreprise, détenteur d'une carte du parti des Ouvriers Réunis, membre de l'Eglise de la Déesse Vain Té Un, français' Il est naturel et normal qu'il en soit ainsi.
L'homme, en tant qu'espèce animale évoluée, ne pourra se développer que si toutes les communautés se respectent entre elles et respectent les fondamentaux universels de l'humanité.
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1. Le mardi 30 mai 2006 à 22:51, par casino poker
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