Marika et les caĂŻds
Violence Faits divers>Elle ne voulait de mal à personne, Marika, juste ouvrir un café-restaurant avec deux amis, Marianne et Zayed, qu'elle avait connus à la Maroquinerie, un lieu fameux du 20e arrondissement
. Ensemble, ils avaient décidé de rester dans ce quartier qu'ils aiment et choisi un coin de rue délicieux, en haut des Jardins de Belleville, d'où l'on a l'une des plus belles vues de Paris. Là , ils ont ouvert la Mer à boire, un café spécialisé dans les dessins, animés ou autres. Et voilà qu'elle se retrouve la cible d'une guérilla stupéfiante, menée par les jeunes de la cité d'à côté, un monstre planqué derrière une rangée d'immeubles anciens.
Marika et ses associés ne sont pas les seules victimes d'intimidations et de menaces. Ces lascars entendent faire la loi dans le quartier. Et ils y parviennent, sur un rayon de cent mètres. Cette fois, ils ont trouvé un prétexte: une exposition de dessins satiriques sur le thème «Ni Dieu ni Dieu», par Charb, Berth, Faujour, Luz, Martin, Rémi, Tignous et Willem. Ils ont envoyé les petits casser quelques cadres. Des clients se sont interposés. Puis les grands frères sont arrivés: «Vous êtes chez nous, ici. On va aller chercher les Frères muz.» Les patrons ont recouvert les cadres de feuilles blanches barrées d'un mot: «Censuré». Et organisé un débat avec les caricaturistes et les gens du quartier. Les «jeunes» ont fini par venir: «Vous êtes sur notre territoire, là . C'est choquant, vos dessins. C'est de la dictature. Vous imposez aux gens de voir ce qu'ils ne veulent pas voir.» Un homme, aveugle, prend la parole: «C'est une chance dans la vie d'être choqué, d'expérimenter la confrontation.» D'autres revendiquent bruyamment leur athéisme. Courageuse, adroite, Marika clôt la réunion à temps.
En fait, depuis l'ouverture du bistrot, en septembre 2005, le trio essuie régulièrement, sans trop savoir pourquoi - «Est-ce qu'on trouble leurs trafics?» - des violences et des menaces: «On est gentils, on vous prévient, le bar va cramer.» Agressions physiques, verbales. Marika a déposé cinq ou six plaintes, elle ne sait plus. Cela se fait peu, d'habitude. Ici, on se tait. Elle a vu tout le monde. Les îlotiers: «On a une mission bien délimitée.» Les éducateurs: «On s'occupe des jeunes sur la base du volontariat.» L'Opac, qui gère les HLM: «Les gens qui pourraient introduire de la mixité préfèrent s'en aller.» Les élus: «On va lancer un plan d'urbanisme.» Tous: «Vous avez une idée de ce qu'on peut faire?» C'est ça, le plus terrible. L'impuissance affichée. La défaite annoncée. La solitude de ceux qui refusent d'abandonner un petit coin de Paris à des gamins déboussolés. Marika lève les yeux au ciel: «Je voulais juste ouvrir un café animé…»
source: http://www.lexpress.fr/info/societe/dossier/criminalite/dossier.asp?ida=437753
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1. Le mardi 31 octobre 2006 à 15:21, par antifasciste
2. Le mardi 31 octobre 2006 à 15:31, par MoiAussi
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